Une jeune fille qui sait ce qu'elle veut 

Alesya, Biélorussie 

Elle a 17 ans, a du caractère, dit ce qu'elle pense et sait ce qu'elle veut. "Je voudrais être journaliste, de préférence présentatrice du journal télévisé ou reporteur-photographe." explique Alesya. Et elle est sur la bonne voie.

Alesya aujourd'hui: passionné par la photographie et l'écriture
Alesya aujourd'hui: passionnée par la photographie et l'éctiture - Photo: Marko Maegi
Depuis plus de deux ans, Alesya est rédactrice en chef de "SOSedi", un journal publié une fois par mois par le village d'enfants SOS de Minsk. Le nom du journal fait référence au terme russe "sosedi" qui signifie "voisin". A l'époque, quand l'idée de faire un journal du village est née, personne n'a été surpris d'entendre Alesya dire : "Hé, je m'en occupe !" Depuis, elle interroge tous les mois les mères SOS et les enfants SOS et recueille des informations pour le journal. "Parfois, il est difficile d'avoir suffisamment de contenu pour le journal – heureusement, je n'ai jamais promis que SOSedi paraîtrait toujours en début du mois", explique-t-elle en rigolant.

Aujourd'hui, Alesya vit dans une communauté de jeunes SOS à Minsk. Elle étudie l'économie dans une école supérieure et est en première année . Cependant, elle est souvent en contact avec le village d'enfants SOS, non seulement à cause de "SOSedi", mais surtout à cause de sa mère SOS. "Elle est et a toujours été une mère aimante pour nous tous", dit Alesya : "Elle n'a jamais été une mère sévère, mais très exigeante. Ce que j'ai toujours adoré chez elle, c'est qu'elle nous a laissés prendre nous-mêmes les décisions nous concernant." Ainsi, Alesya retourne dans le village d'enfants SOS aussi souvent que possible, se réjouit de revoir ses amis et du fait qu'il y a toujours beaucoup de choses à raconter quand on ne vit plus dans le village. Quitter le village n'a pas été facile pour elle. "Bien que je connaissais tout le monde dans la communauté de jeunes, j'ai mis un certain temps pour m'habituer à cette nouvelle situation." raconte-t-elle. Après tout, il s'agissait quand même d'un au revoir, et ce n'était pas le premier dans sa vie.

Cela fait plus de dix ans que Alesya a été admise au village d'enfants SOS de

Une photo de l'époque où Alesya a été admise au village d'enfants SOS
Une photo de l'époque où Alesya a été admise au village d'enfants SOS - Photo: Archives SOS
Minsk. Le directeur de village s'était rendu à l'orphelinat où elle vivait. Et comme la future mère SOS d'Alesya avait encore de la place dans sa famille, elle est allée voir Alesya. "On a tout de suite accroché, " dit simplement Alesya, et c'est ainsi elle se retrouve bientôt devant les portes du village d'enfants SOS. Mais la peur l'accompagne. "Dans mon imagination, je voyais des monstres planer autour de la maison." Mais elle s habitue rapidement à sa vie au sein de sa nouvelle famille et avec sept frères et sœurs. "Il s'y passait toujours quelque chose," raconte-t-elle. "Normalement, on était censé manger tous ensemble, mais on n'y arrivait quasiment jamais." Dans une famille de cette taille, il y a toujours beaucoup de travail à faire et les enfants sont tenus de participer. Ainsi par exemple, comme l'explique Alesya, les enfants ayant école l'après-midi aidaient à préparer le déjeuner. Surtout pendant le weekend, le soutien de chacun était essentiel. "Le weekend, nous faisions le ménage tous ensemble." explique Alesya.

Les après-midi sont réservées aux devoirs, aux visites chez des copains d'école ou aux activités de loisirs. Alesya, découvre bientôt une passion, à laquelle elle va désormais consacrer beaucoup de temps : la musique. A l'école de musique, elle apprend à jouer de la flûte, et avec son premier salaire, elle s' achète un lecteur de cassettes.

La vie en commun ne se passe pas évidemment sans moments de tensions et de crises. "Quand je partageais ma chambre avec Sasha, nous nous disputions souvent parce qu'elle ne rangeait jamais ses affaires." Avoir une chambre pour soi est un luxe souvent inaccessible.

Pour Alesya, la vie au sein du village d'enfants SOS était comme "la vie dans une famille géante". Et elle rajoute : "On se connaissait tous tellement bien qu'on se reconnaissait dans la rue même quand on ne vivait pas dans la même maison familiale." Les activités et les fêtes communes, comme la fête de l'anniversaire du village d'enfants SOS, ont contribué à renforcer ce sentiment de d'affinité et d'appartenance. "Chaque année, lors de l'anniversaire, une grande fête est organisée et nous aidons tous à préparer le programme." Les excursions en radeau sur un fleuve pendant les vacances d'été restent une aventure hors du commun : pPendant plusieurs semaines, un groupe d'enfants descendait le fleuve de Berevina, luttant contre le vent et les intempéries.

Alesya passe également beaucoup de temps avec ses copains de classe. "Mes amis connaissaient mon histoire. Ils savaient d'où je venais et où je vivais, mais ça ne changeait rien à notre amitié. Il était normal que les copains de classe viennent lui rendre visite au village d'enfants SOS.

En revanche, elle a peu de contact avec sa famille naturelle. C'est elle qui en a décidé ainsi. Aidée par le village d'enfants SOS, elle a eu l'occasion de rencontrer à plusieurs reprises des membres de sa famille biologique, mais ne souhaite pas renouveler l'expérience. Le village d'enfants SOS est pour elle le centre de sa vie. "Ici au village, j'ai appris et découvert tellement de choses. Je sais exactement ce que je veux faire de ma vie. Et je sais comment y arriver.

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