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| Jouer ensemble dans un camp d'urgence pour surmonter le douloureux vécu - Photo: Archives SOS |
C'est à deux heures du matin que s'est brisée le 27 mars dernier la digue du Situ Gintung située dans la zone périurbaine du sud-ouest de Djakarta, la capitale de l'Indonésie. Des flots d'une hauteur de quatre mètres ont tracé leur chemin à travers le quartier pauvre et fortement peuplé de Cireundeu. Environ 400 maisons ont été complètement détruites, des milliers d'autres endommagées. Ce sont surtout les huttes fabriquées en bois léger qui n'ont pas résisté, emportant avec elles leurs habitants. Environ 200 personnes sont mortes, de nombreuses autres ont tout perdu.
SOS Villages d'Enfants Indonésie a envoyé une équipe de douze personnes sur les lieux peu de temps après la catastrophe. Le terrain du village d'enfants SOS de Djakarta a servi de camp de base et de poste de coordination. Les familles réfugiées dans les camps d'urgence se sont vues distribuer du riz, de vêtements et d'autres denrées indispensables à leur survie.
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| La bibliothèque mobile de SOS rend visite aux enfants - Photo: Archives SOS |
Une aide d'un autre ordre est venue par la voie de la bibliothèque mobile de SOS, un concept qui a fait ses preuves en Indonésie et grâce auquel SOS Villages d'Enfants a mis à disposition gratuitement des livres et du matériel scolaire aux enfants des écoles et des communautés les plus pauvres. Les 67 enfants logés provisoirement avec leurs familles dans les baraques de Pancol attendaient avec impatience le passage de la bibliothèque deux fois par semaine. "Cela change les idées de nos enfants. Ils ont appris de nouvelles choses et attendent avec impatience la bibliothèque SOS", raconte Alia. "Nous avons tout perdu à cause de la rupture de la digue. Je suis heureuse que les enfants aient au moins la chance d'apprendre", dit une autre femme dont le mari a été emporté par les flots.
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| Cours en plein air - Photo: Archives SOS |
La bibliothèque SOS est une petite camionnette qui transporte également des jouets. Pendant plusieurs semaines, elle a rendu des visites régulières aux six camps où sont logées provisoirement les familles touchées par la catastrophe. "La bibliothèque SOS propose un bon choix de livres. J'ai emprunté des bandes dessinées et des romans et ai tout lu", raconte Shana, 12 ans. Il ne s'agit pas seulement d'emprunter des livres. Les volontaires ont joué avec les enfants, leur ont lu ou raconté des histoires, ont dessiné avec eux, leur ont appris à faire des origamis, leur ont donné des cours (entre autres d'hygiène et de santé). Ils ont ainsi tenté de faire oublier aux enfants leurs expériences traumatisantes et de limiter le choc - une action que la commission indonésienne pour la protection de l'enfance (KPAI) a vivement saluée.
Depuis, la plupart des camps d'urgence ont disparu et la population est partie pour tenter de se reconstruire une existence.