Nous atterrissons sur une minuscule bande de sable au beau milieu du désert infini. Nous sommes hébergés dans une maison d'hôtes du programme alimentaire mondial des Nations-Unies - les hôtels sont rares ici.
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| Le camp d'Oure Cassoni dans le désert - Photo: Benno Neeleman |
A 8h30, un convoi de onze véhicules de différentes organisations humanitaires quitte le bureau de l'UNHCR pour prendre la direction du camp de réfugiés d'Oure Cassoni. Après une demi-heure de route, nous découvrons un grand espace de plusieurs hectares couvert de huttes en argile et de constructions en plastique qui abritent près de 30 000 personnes. La plupart d'entre elles se sont installées ici en 2004 à la suite des troubles du Darfour, province du Sud du pays.
Auparavant, l'endroit n'était qu'un immense désert, sans un seul arbre, avec des températures dépassant parfois les 50 degrés. La seule raison pour laquelle les Nations Unies aient choisi cet emplacement pour ériger un camp est la présence de réserves d'eau.
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| Housna - Photo: Benno Neeleman |
On a demandé à SOS Villages d'Enfants de démarrer un projet pour accompagner les enfants souffrant des problèmes psychiques. Et ces problèmes sont légion ! L'histoire de Housna, petite fille de douze ans, n'est pas un cas unique. Elle habitait jusqu'en 2004 un petit village paisible qui, d'un jour à l'autre, a été attaqué par des avions mitrailleurs et par des rebelles à cheval. De nombreux habitants du village ont été tués, d'autres ont pris la fuite, paniqués. Comme le père de Housna qu'elle n'a jamais revu depuis.
Seulement une infime partie des habitants du village a pu prendre la fuite. Plus morts que vifs, Housna, sa mère, sa grand-mère et quatre de ses frères et sœurs ont atteint le camp. La mère de Housna, déjà gravement malade, est décédée le jour de son arrivée. Housna ne veut pas parler du passé, elle n'accepte de le faire qu'une fois par semaine avec le psychologue de SOS Villages d'Enfants. C'est difficile et elle pleure beaucoup. Je rencontre Housna dans une petite classe qu'elle partage avec au moins 40 autres élèves. Le maître la félicite beaucoup. "Elle aime surtout les mathématiques! Elle veut devenir médecin plus tard pour aider les personnes malades!"
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| D'autres organisations donnent régulièrement des jouets - Photo: Benno Neeleman |
Le projet de SOS Villages d'Enfants est extrêmement important pour les enfants comme Housna. Ce sont désormais 400 enfants qui sont pris en charge, parmi lesquels 200 ont perdu leurs parents pendant leur fuite du Darfour. Dans une tente à côté, Silvie, une psychologue, s'entretient avec une jeune fille qui ne doit pas avoir plus de 16 ans. Elle aimerait que celle-ci lui raconte ce qu'elle a vécu il y a déjà quatre ans. La jeune fille éclate en sanglots. "Ils doivent raconter encore et toujours", dit Silvie. "C'est la seule possibilité pour ces enfants de donner une place à leur vécu et d'apprendre à vivre avec. Ils n'oublieront jamais!"
La journée suivante est la Journée mondiale de l'enfant. Des jeux de plein air, comme des lâchers de cerfs-volants, des compétitions et un concours de dessin sont organisés pour les enfants les plus âgés. Le dessin gagnant, réalisé par un petit bout de douze ans, montre un village en flammes, survolé par un avion, des rebelles qui tirent à vide, des tanks et des personnes qui fuient! "Notre travail ici est très important pour les enfants", constate Abdelkerim Mahamat, directeur de SOS Villages d'Enfants SOS au Tchad.
Malgré la guerre et la misère, le désert conserve son magnifique ciel étoilé. Je sors de la tente et l'admire longtemps.