"Au bruit de la guerre" 

La violence éclatée le 27 décembre ne montrant aucun signe de relâchement, c'est aujourd'hui la peur, l'insécurité et le manque d'aliments et de provisions médicales qui rendent la vie insupportable aux enfants du village d'enfants SOS à Rafah, mais aussi aux familles soutenues dans le cadre des programmes de renforcement des familles.
 

Photo: Thomas Brandi
La peur est devenue un élément de la vie cotidienne dans la bande de Gaza - Photo: Thomas Brandi
Les raids aériens faisant feu sur des cibles dans la bande de Gaza depuis le 27 décembre ainsi que l'offensive terrestre lancée le 3 janvier ont rendu la vie dans la région chaotique et extrêmement dangereuse. Selon Reuters, certaines familles ont peur de sortir de chez elles alors que d'autres ont été forcées à fuir leur maison. L'agence de presse indique également que le nombre de victimes parmi les Palestiniens a atteint 530 dont au moins un quart de civils.

Comme si ce n'était pas assez, le manque de quasiment tout, d’aliments, de matériel médicale et même d’électricité pour les hôpitaux et les foyers, est à l'origine de conditions insupportables au milieu desquelles les équipes médicales se voient obligées de se rabattre sur des générateurs susceptibles de tomber en panne à tout moment, et où les maisons civiles déplorent l'absence de chauffage dans un hiver glacial.

M. Wael Abu Mustafa, le directeur du village d'enfants SOS de Rafah, a été contraint de se procurer les provisions les plus urgentes sur le marché noir, et ce à un prix exorbitant. Grâce à son initiative, le village dispose actuellement de suffisamment d'aliments et de gaz pour les deux prochaines semaines et les enfants en sont tout aussi reconnaissants que leurs mères. Comme l'exprime Elham, l'une des mères SOS : "Nous n'avons aucune idée de comment il a su nous procurer ces provisions, il est presque impossible d'en trouver pour une famille, alors pour tout un village..."

En ce qui concerne la menace militaire, le directeur de village indique que le village est plutôt sécurisé par rapport à d'autres endroits grâce au fait qu'il est situé assez loin dans le sud. Cependant, il se trouve près de la mer, ce qui signifie que les navires de guerre lancent leur missiles de tout près pendant que les avions de combat qui passent au-dessus du village provoquent une peur permanente parmi les enfants, comme le confirment Elham ainsi que Riham, une directrice d'un foyer de jeunes filles : "Le bruit de la guerre est partout, surtout pendant la nuit. Beaucoup des gamins crient de peur quand ils entendent les avions de combat, de sorte que nous devons les réconforter en permanence et leur assurer que tout se passera bien. Les enfants s'inquiètent pour la sécurité de leurs familles biologiques, ce qui est assez difficile à gérer puisque nous ne sommes pas en mesure d'assurer leur protection. Afin de les distraire, nous organisons pour eux des jeux et d'autres activités divertissantes dans le village. Heureusement, aucune des troupes terrestres n'est parvenue jusqu'ici."

Et ce ne sont pas seulement les enfants les plus jeunes qui sont terrorisés. Depuis la fermeture des écoles, les enfants plus âgés n'ont plus quitté le village et font de leur mieux pour rester  courageux et pour rassurer ainsi leurs frères et sœurs plus jeunes. Cependant, Hannah, âgée de treize ans, admet : "Nous essayons de les rassurer en disant que tout ira bien, mais nous avons parfois du mal à cacher notre propre peur. Je n'ai pas pu voir ma famille biologique à Rafah à cause de la situation de sécurité actuelle, mais je fais des prières pour qu'ils soient et restent en sécurité."

Jihad, un garçon de 14 ans qui vit dans le village depuis six ans, a eu l'occasion de parler avec sa famille biologique qui habite à Khan Younis. "Pour l'instant, ils n'ont pas eu de mal, mais ils ne sont pas en sécurité et vivent dans la peur permanente. Ils ignorent quand le destin frappera. Nous sommes en sécurité, mais les enfants en dehors du village ne le sont pas. Nous prions pour tous ceux qui sont en danger et pour tout ceux qui nous envoient leur soutien."  

Pour obtenir les dernières informations sur la situation dans la bande de Gaza, veuillez consulter notre rubrique Actualités & médias.

 

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